Le sport, ce grand oublié.

Le sport, ce grand oublié.

Le ministère du sport n’accorde que très peu d’intérêt au sport de masse et se focalise presque exclusivement sur le sport d’élite. Comme toujours et dans la gestion de tous les domaines, les moyens manquent mais aussi l’innovation et la stratégie.

Les terrains dédiés au grand public sont inexistants. Par conséquent, il n’y a ni infrastructures ni personnels alloués. Il n’est pas injuste de qualifier le ministère du sport de ministère de l’élite et peut-être même de réduire celle-ci au football, tant les autres disciplines sont marginalisées. Les maigres moyens dont dispose le ministère sont en large partie consacrés au football.

 

L’introduction du professionnalisme dans cette discipline a consacré les disparités entre les équipes disposant de moyens financiers et celles qui en sont dépourvues. Elle a drainé des ressources substantielles de sponsoring aux équipes les plus en vue et permis des émoluments mirifiques aux footballeurs. De là est né un Mercato avec des contrats sans aucun rapport avec la réalité économique du pays.

 

L’activité professionnelle sportive dans les pays industrialisés fait partie intégrante d’une dynamique économique. Elle est une vitrine pour la promotion de la production industrielle. Or, que peut offrir cet usage dans notre pays outre la promotion des produits laitiers et des opérateurs téléphoniques ?

Des sommes considérables, parfois en devises, sont dépensées en émoluments et déduites des assiettes fiscales au détriment du trésor public, de l’investissement et des prestations sociales. Le tout pour des résultats médiocres, les équipes nationales n’arrivent même pas à égaler celles des amateurs d’antan.

Ainsi, dans le sport comme dans tous les autres domaines, nous n’avons fait preuve que de suivisme et de mimétisme. Aucune vision, aucune originalité ne dicte notre politique sportive. Alors, comment s’étonner que nous en soyons acculés à aligner les échecs et les piètres résultats dans les compétitions internationales de haut niveau ?

Nous sommes perdants sur tous les tableaux. Nos chiches moyens financiers sont accaparés par le football et il n’en reste rien pour les autres disciplines. La population ne dispose pas d’espaces publics pour entretenir sa condition physique et se ressourcer. Nos enfants squattent le bitume pour s’amuser et jouer avec tous les risques que cela engendre. L’urbanisme galopant est conduit sans se soucier de l’aménagement d’espaces dédiés au sport de masse dans l’indifférence générale.